Kayak dans les Everglades australiennes – Gagaju Bush Camp

Travaillant comme prof de français sur Sydney (de janvier à juin), je n’avais qu’avril comme « vacances ». Bien que ce ne soit pas le mois idéal pour s’y rendre car on est encore en « raining season » à ce moment là dans le nord de l’Australie, je profita quand même de mon mois de vacances pour finir d’explorer « the East Coast » tant réputée de l’Australie – mon mois  de vacances se révéla plus court que prévu en fait mais bon passons sur ce détail.

Pourquoi avoir choisi ce morceau là ? Tout simplement parce que après mon roadtrip de décembre (Sydney-Brisbane, voir article), que nous avions initialement prévu jusque Cairns, je m’étais arrêté à Brisbane et j’avais encore envie de monter plus haut et voir ce que donner Fraser Island, les Whitsundays, Cairns et plus si le temps me le permettait.

Alors que je vous situe quand même le contexte : la côte est de l’Australie étant tellement connue ici, le côté touristique y est présent à 2000% et c’est overfulled de backpackers. Si c’était à refaire, je pense que je ne le referai pas mais au fond, c’est comme Las Vegas, faut l’avoir fait au moins une fois dans sa vie, je dirais !

Alors comment « faire la côte est » quand on n’a pas de moyen de locomotion. Et bien soit on se démerde en arrivant sur place (via bus ou avion) genre rien réservé et au feeling, ce qui est tout à fait réalisable, soit on se le prépare en solo, soit encore on passe par un package, ce qui se fait beaucoup dans le monde du backpacker australien. J’ai choisi cette dernière option et ma foi, je crois bien que c’est ça aussi qui ne m’a pas vraiment aider à l’aimer cette côte est, en plus de son côté « crowded ».

Le truc étant que la côte étant continuellement bondée de backpackers, il faut en général suivant les endroits réserver 1 voir 2 semaines à l’avance – que ce soit au niveau du logement ou au niveau des excursions – et ce même en « basse saison », qui équivaut à la saison des pluies (ce qui est environ de novembre à mai si je ne me trompe pas) ! Sachant qu’au moment où j’y étais (avril), on était en pleine saison des pluies et que pour le détail, je n’ai pas pu monter jusque Cairns, faute à un ouragan. D’ailleurs, sur la route, l’État du Queensland avertissait bien les automobilistes des débordements de crues des rivières.

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J’avais donc pris l’option d’un package, me disant que pour une fois, ça me ferait du bien d’avoir des trucs prévus en avance et d’être tranquille surtout avec le fait aussi que mes jours de vacances étaient comptés et que tout devait être bien huilé si je voulais en voir un maximum (n’oublions pas les distances quand même : Brisbane – Cairns équivant à environ une distance Lyon (France) – Varsovie (Pologne)  (1700 kms)).

Mais bon mis à part ce côté organisation, j’avais juste oublier un truc, que le fait de prendre un package, d’appeler pour réserver chaque auberge, chaque excursion… = j’allais faire partie/suivre moi aussi ce troupeau de backpacker en manque d’alcools, de fête et d’autres…

J’étais désormais redevenue une touriste, suivant comme il le fallait les responsables de groupes, bref tout ce que je détestais. J’admets ça a son côté pratique et instructif d’avoir un guide mais étant sur la route depuis pas mal de temps et étant de nature très indépendante, d’avoir à faire partir d’un groupe lors de mes vacances, d’avoir du passer par des groupes pour aller explorer un endroit, de devoir attendre, de n’avoir que 5 minutes pour lire un panneau expliquant l’origine de l’endroit, ça m’a vraiment gavé et je me suis juré à moi-même que plus jamais je me retaperai un « package » de cette ampleur là !!! Et le topo en plus, c’est que les backpackers avec lesquels je partageais cette expérience avaient tous entre 18 et 20 ans, en gros ceux que je fuyais comme la peste depuis mon arrivée en Australie, tout simplement car nous n’avons pas du tout la même vision, eux ne pensant qu’à se mettre par terre tout les soirs. Même si bien sûr ils ne sont pas tous à mettre dans le même sac.

Pas de chance pour moi, je devrais me les coltiner jusque Cairns, la majorité suivant la route classique :

Byron Bay – Brisbane – Noosa – Fraser Island – Whitsundays – Cairns.

Vous l’aurez compris, ces vacances là n’auront pas vraiment été le meilleur de mon expérience australienne mais parce qu’elle fait quand même partie de ma découverte de ce pays, qui ma foi faut quand même le dire est magnifique, voilà une petite carte postale de mes différents stops le long de cette côte est.

J’étais partie de Sydney le dimanche 31 mars à 4h du matin, mon vol pour Brisbane étant à 6h du matin : c’est fou j’étais en vacances et je me levais encore plus tôt que quand je travaillais.

Petite note à mes proches : l’Australie m’aura changé aussi sur ce point : je ne suis plus une marmotte, même si j’avoue depuis que je suis revenue à Derby, je rattrape bien mes heures de sommeil 😉

Après avoir pris l’avion à 6h du mat, le train et enfin le bus, me voilà arrivée à mon premier stop de mon fameux package = le « Bush Camp » situé à Noosa.

Quand j’ai acheté mon « package », comprenant 3 jours/2 nuits en 4×4 sur l’île de Fraser Island, 2 jours/2 nuits sur un voilier autour de Whitsunday Island, ainsi on m’avait offert (bien grand mot ! » un séjour « camping » à Noosa dans les Everglades où je pourrais faire du kayak pendant 2 jours pour le prix dérisoire de $50, correspondant soit disant à l’entrée dans le parc. (Remontant de Brisbane jusque Cairns, je commençais donc à Noosa avec le kayak, pour continuer par Fraser Island et finir sur Whitsunday Island/Cairns ).

Nous devions passé une nuit en lodge et se rendre sur les spots de camping en kayak. La réalité était tout autre.

DSC05491  = le site vu de nuit 🙂

Tout d’abord on vient me récupérer à l’arrêt de bus (chose qui se pratique sur la côte est si j’ai bien compris surtout quand on a des packages). Et là c’est le gros australien pervers avec son chien qui pue la rage qui m’accueille et qui fout sa musique techno à fond dans le mini van, pensant que je vais kiffer. On était alors 2 dans le van et on se regardait en se demandait où on avait atterri !

Une fois quelques courses faites au supermarché du coin – car ah oui les repas n’étant pas compris dans cette étape – non non ne dites rien 🙂 ! – nous prenions la route pour le camp, toujours avec la musique techno à plein volume.

Et une fois arrivées, c’est la grosse surprise : on arrive dans un camping où les gens habitent à l’année ; qu’un pêcheur de crabe rencontré la deuxième journée lui aussi horrifié par le site qualifiera même ce camping de « refugee camp ». Notre « bush camp » était lui au bout de ce camping et était loin d’arriver à la qualité du camping next door.

Perso quand on me dit lodge, je sais pas vous, mais moi je m’attends à un logement en bois et ben nop, voilà ce qu’était notre « lodge » : des tentes ou plutôt une construction semblable à une tente avec des ouvertures de partout ne protégeant en aucune façon des moutisques (on est en pleine saison des pluies, il fait humide = les moustique abondent) ! Pour nous servir de lits : des filets tendus entre des rondins de bois – le tout dans un état laissé à l’abandon depuis des lustres. Les « canvas » (bâches) protégeant de la pluie avaient pris une couleur noire tellement ils étaient crades, les rondins de bois étaient enveloppés de jolies toiles d’araignées, que tu n’osais même plus regarder autre part que ton lit, ou dirais-je ton filet/hamac.

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= un petit aperçu 🙂

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= l’intérieur du lodge !

Mise à part la saleté permanente des sols en béton et des rats venant nous rendre visite pendant la nuit, (certains n’ayant pas compris que les boîtes en plastique de la cuisine étaient faites pour quelque chose), j’ai un peu de mal à l’avouer mais j’aurai en fin de compte vraiment bien dormi dans ces bons lits de fortune. Quoique désormais si j’utilise un masque et des boules Quiès (on finit par les adorer ces boules Quiès, quand on voyage :)), je passe toujours une bonne nuit. Ou alors j’étais vraiment trop fatiguée avec le contre coup de mes dernières semaines en temps que prof, ce qui était plutôt nouveau pour moi ? Le fait que nous ayons eu des rats gargouillant sous nos lits pendant la nuit ne m’aura gêné en aucune mesure : est-ce le signe qu’en voyageant au final on s’habitue aux endroits insalubres ? On finit par s’habituer à la présence des cafards et des araignées en Australie, mais des rats ?

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Réveil 7h45/8h pour prendre un petit déjeuner et se préparer un sandwich pour le midi et c’était parti pour se mettre en mode kayak. Ok on n’aura payé que 50$ pour ces 3 nuits et 2jours de kayak, $50 qui étaient considéré comme droit d’entrée au parc national de Noosa, mais je vous le dis, les backpackers ici en Australie ont quand même la curieuse habitude d’être pris pour des cons et ce « bush camp » en était un parfait exemple car en fait de compte, ces $50 n’allaient en rien dans la boîte des parcs nationaux mais bien dans la gestion de ce bush camp…

On nous avait dit que l’on dormirait la première nuit en « lodge » et les deux autres nuits en tente, dans des spots que l’on accéderait en kayak. L’image du trip était là : on changeait de camp chaque nuit mais comment vous dire au final on aura logé au même endroit et au lieu d’avancer chaque jour pour se rendre sur notre nouveau campement, un jour on prenait la rivière à gauche et le lendemain à droite…

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IMG_5416 =vu la couleur de l’eau et même s’il faisait super chaud, on n’a pas

vraiment eu envie de se baigner

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=touriste péchant le crabe

Les journées étaient plutôt courtes : on rentrait vers midi/2h (instructions étaient données d’être rentrées pour ces heures là (soit disant à cause des vents et des courants !) et du coup le reste de la journée, c’était ennui terrible, car oui les jeunes de 20 ans qui étaient avec moi, s’ils venaient faire du kayak, en rentrant c’était en mode sieste pour pouvoir se remettre de leur nuit (certains ne faisant carrément pas du kayak préférant passer la journée devant la télé (ça aussi, l’intérêt d’avoir une télé dans un campement au milieu d’une forêt ?) pour pouvoir s’enquiller tout au long de la nuit des litres et des litres de goon (le très célèbre « vin » australien de piètre qualité dont la liste d’ingrédients évoque des traces d’œuf et de lait… et qui donne une terrible gueule de bois) et finir en piètre état, le tout bien évidemment dans le but de vomir, car ayant vomi signifiant qu’on avait passé « GOD, AN AMAZING NIGHT »

4890599_f260 le fameux goon, qui même s’il est buvable et vraiment pas cher te donne une de ces migraines juste mémorable au réveil…

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Vous l’aurez compris j’aurai au final moyennement aimé cette expérience en bush camp. Mais c’est aussi ça l’aventure, tout ne peut être parfait non plus 🙂

Certainement parce que je suis pas dans le même trip que ces jeunes backbackers ans qui ne viennent en Australie que pour se mettre par terre tous les soirs et faire la crevette sur la plage pour parfaire leurs bronzages, certainement aussi parce que quand je fais du camping, et j’en ai fait en Australie, je le fais à la pure et que camping évoque changement de site, débrouillardise et que ce site n’avait en rien d’une expérience camping.

Alors en écrivant ces dernières lignes, je me demande si au final, je serai pas devenue exigeante en matière de voyage (même si je l’ai toujours été un peu :))? En même temps aussi le camping c’est tente ou bungalow pour vous ? Peux t-on encore appeler faire du camping, quand on reste dans un bungalow ?

Y’aura une chose que j’aurai apprise en Australie, c’est la patiente (même si je suis toujours un peu impatiente). J’aurais pu repartir à la minute où j’étais arrivée dans le camp mais j’étais venue pour faire du kayak et c’est pour cette seule raison que je suis restée. Au résultat, j’aurais quand même passé des bons moments en pagayant en kayak, en pratiquant mon anglais, que je pratiquais de moins en moins, vu mon poste de prof de français à Sydney et même à jouer au tarot 🙂 Inouï mais quelques trentenaires français de passage avaient avec eux un jeu de tarot ! 🙂

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