Fraser Island et son histoire

Je me souviens avoir pensé au fait que tout était un peu décalé de la réalité du monde du backpacker au sens propre du terme sur la côte est. Les villes étant étalées sur la longueur, et sûrement parce que le business du « package » de la découverte de la côte est comprenaient la plupart du temps les trajets en bus (via la compagnie premier ou greyhound), on (les shuttles des auberges) venaient toujours nous cherchaient à l’arrêt du bus ou du moins beaucoup plus souvent que dans d’autres endroits que j’ai pu visité en Australie. Faut dire aussi que déjà les bus reliant les principales villes de la côte étaient remplis à majorité de backpackers. Par exemple sur 4 trajets (de 2 à 12h de trajet), j’ai du croiser moins d’une dizaine de locaux dans les bus. Donc au lieu de se débrouiller pour trouver comment se rendre à telle ou telle auberge, on n’avait qu’à attendre la navette. Ce fut le cas à Noosa pour le Gagaju Bush Camp, pour l’auberge à Noosa et pour Hervey Bay, un des 3 lieux de départs pour se rendre sur Fraser Island. Après c’est sûr, c’est mon expérience, pour ceux ayant leur véhicule, c’est tout à fait différent, du coup j’ai préféré cette fois-ci plus décrire l’île que mon expérience 🙂 Par contre vu que j’avais pas mon appareil photo avec moi, les qualités sont pas tip top 😦

Qu’est ce que Fraser Island ?

Pour ceux dont Fraser Island doesn’t ring a bell/ ceux qui ne connaissent pas Fraser Island, c’est tout simplement la plus grande île au monde de sable avec une superficie de 1840 km2 : 123 kilomètres de longueur, 22 kilomètres de largeur et une altitude culminant à 260 mètres.

Elle est située entre Brisbane et Cairns, sur la côte est de l’Australie.

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crédit photo : http://www.acrossoceania.com/destinations/australia/brisbane-around/

La dune la plus élevée se situe quand même à 240 mètres au dessus du niveau de la mer, donc c’est pas tout plat, comme on peut s’imaginer une île de Polynésie 🙂

Depuis 1992, Fraser Island fait aussi partie des 14 sites naturels australiens inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Pour infos, l’Australie avait en date de février 2014, 14 sites inscrits au patrimoine mondial :

-l’opéra de Sydney

-le palais royal des expositions et les jardins Carlton dans le Victoria

-les sites de bagnes australiens situés en Australie-Occidentale (WA), Nouvelle-Galles du Sud (NSW) et en Tasmanie

-la Baie Shark en WA

-la côte de Ningaloo en WA

-les forêts humides Gondwana de l’Australie en NSW/Queensland

-l’île de Fraser dans le Queensland

-l’île de Macquarie entre la Nouvelle-Zélande et l’Antarctique

-les îles Heard et McDonald

-les îles Lord Howe en NSW

-la Grande Barrière de corail dans le Queensland

-le parc national de Purnululu en WA

-la région des montagnes bleues (Blue Mountains) près de Sydney

-les sites fossilifères de mammifères d’Australie (Riversleigh/Naracoorte) en WA

-les tropiques humides du Queensland

-le parc national de Kakadu dans le Territoire du Nord (NT)

-le parc national d’Uluru-Kata Tjuta dans le NT

-la zone de nature sauvage (Tasmanian Wilderness) de Tasmanie

-le parc national de Naracoorte Caves (SA)

Pour un petit aperçu des sites avec images : cliquez sur ce lien

On s’imagine que c’est juste une île de sable mais en réalité, même si l’île comprend des centaines de dunes ainsi que des falaises de sable, on y trouve également de nombreuses pistes et sentiers de randonnées, d’innombrables forêts tropicales, des mangroves ainsi que plus d’une centaine de lacs d’eau douce aux couleurs allant du brun « thé » au rose ou encore au traditionnel bleu limpide tout comme une faune et flore spécifique à l’île.

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Fraser Island est aussi surtout le seul endroit au monde où des forêts tropicales avec des arbres mesurant souvent plus de 200 mètres poussent sur un sol sablonneux. Le sable pouvant retenir près de 30% du volume d’eau provenant des pluies, assurent ainsi parfaitement l’auto remplissage du système d’eau de l’île. Les lacs qui sont situés en altitude (au dessus du niveau de la mer) retiennent eux leur eaux par le biais d’une strate de sable liée à une végétation colloïdale (=collante). En bref le sable et la végétation s’assemblent pour former comme une strate de roche. Pourquoi on a des lacs à l’intérieur des terres ? C’est tout une autre histoire et je sais pas vraiment si ça vous intéresse du coup je vais passer sur ce détail. Mais je trouvais intéressant d’apprendre le fait que la moitié de ces types de lacs du monde se trouvent sur Fraser.

On notera aussi le fait que les couches de sable formant l’île ont enregistrées depuis plus de 700 000 ans tout les changements climatiques ou du niveau de la mer : bref un bonheur pour les scientifiques :).

La faune et la flore de l’île.

Même si le dingo, une race de chien sauvage est l’animal le plus connu de l’île (les dingos de Fraser étant considérés comme la race la plus pure des dingos d’Australie) on retrouve face à la spécificité de l’habitat local de nombreuses autres espèces végétales et animales : plus de 350 espèces d’oiseaux et 25 espèces de mammifères dont quelque unes sont spécifiques à l’île.

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On peut ainsi observer des espèces rares, comme la perruche terrestre ou la chouette « ninoxe puissante » ainsi que près de 18 oiseaux de proies, des kangourous, des wallabies, des opossums, des roussettes, des échidnés, des chauves-souris ou encore des phalangers volants.

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L’île est également un site de repos pour les échassiers (oiseaux) lors de leur migration du sud de l’Australie vers la Sibérie.

Au niveau marin/aquatique, on retrouve des grenouilles, des écrevisses, des crabes soldats ainsi que des dugongs, des tortues et des dauphins tout comme des requins, rendant la baignade en mer fortement déconseillée voire interdite.

On notera le fait que les eaux des lacs de Fraser sont de part leur pureté, leur acidité et leur faible taux en nutriments, un habitat peu propice aux poissons et autres animaux marins, même si l’on connaît une espèce de grenouille ‘acid frogs’ qui tolère l’acidité des lacs et des marécages de Fraser !

Et pour finir sur la partie faune de l’île, sachez que de mi-juillet à octobre, on peut également apercevoir des baleines à bosse.

Personnellement à part les dingos et les moustiques, je n’ai pas vu d’autres présences animales ! 🙂

Au niveau de la flore de l’île, on aurait tendance à penser qu’il y plus de zones «désertiques » que de forêts mais la majorité de l’île est recouverte de végétation : herbes, buissons, eucalyptus, acacias, cyprès, palmiers, kauri, fougères préhistoriques. Même si les dunes de sable formées par un vent dominant sud-est se déplacent entre un et deux mètres chaque années, rendant l’île en constante évolution, la majorité de l’île reste quand même verte.

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L’histoire de l’île

Les habitants originaires de l’île sont sans surprises les aborigènes. Les communautés de l’île et des environs du continent, connus sous le nom des « Butchulla » (ou Badtpala) appelaient à l’époque  l’île « K’gari » (prononcez comme ’gurrie’) ce qui signifié ‘paradis’ dans leur langue.

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Photo prise des panneaux d’informations sur l’île : Butchbulla women / Aboriginal man thought to be from Fraser Island

Des analyses radiocarbones ont prouvées que la présence d’aborigènes remontait à plus de 5000 ans mais on estime qu’ils étaient présents sur l’île bien plus tôt. On pense que les aborigènes de l’île étaient au début constitués de 3 tribus. Selon le bureau de protection des aborigènes, le ‘State Protector of Aborigenes‘ (lien WIKI) la population globale se situait entre plusieurs centaines et quelques milliers (environ 3000) pendant les mois d’hiver, mois où la nourriture provenant de la mer était plus abondante. Leurs canoës étaient fabriqués à l’aide d’écorces d’arbres et de cire d’abeilles. Vivant de la pêche et de la chasse, ils se nourrissaient de coquillages, de poissons, de tortues, de dugongs, d’anguilles, d’oiseaux aquatiques, d’œufs, d’opossums, de patates sauvages, de racines, de baies, de miel et fabriquaient même leur farine à l’aide les racines de fougères.

Aujourd’hui il ne reste aucun aborigènes sur l’île et seul quelques pièges à poissons ou quelques traces de feux de camp ou encore des empreintes sur des troncs ou coquillages témoignent de leur ancienne présence sur l’île.

L’ARRIVÉE DES COLONS

En 1770, le capitaine Cook débarqua sur les côtes australiennes (une ville d’ailleurs porte le nom de « 1770 » (prononcez seventeen seventy)) et c’est en mai de la même année, qu’il découvrit l’île de Fraser qu’il surnomma ‘Great Sandy Peninsula’. Ayant vu des aborigènes rassemblés sur un rocher au nord de l’île, il même ce rocher « Indian Head », nom qui hésite encore.

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=vues depuis Indian Head

Lorsqu’on roule sur la 75 Miles Beach, on voit toujours l’Indian Head au loin.

L’HISTOIRE DU NOM

L’île devient plus célèbre et changea de nom dans les années 1880 après qu’un navire, le Stirling Castle échoua non loin de Gladstone (dans la grande barrière de corail) en mai 1836. Bien que le capitaine du navire James Fraser ainsi que sa femme Eliza Fraser, leur nouveau-né et plusieurs autres survivants réussirent à atteindre la « Great Sandy Peninsula » après le naufrage, seule Eliza survécut. Après avoir vécu (en tant que prisonnière ? ce n’est toujours pas sûr, mais plusieurs témoignages disent le contraire en soulignant que les aborigènes l’ont aidé), elle fut récupérée quelques semaines plus tard par des blancs et ramenée en Angleterre où elle raconta son périple (sûrement que les versions auront été alors édulcorées de façon à rendre son « séjour » sur l’île plus dramatique au vue de tout le monde (19ème siècle !)). C’est en tout cas son histoire (édulcorée ?) qui rapporta un succès, qui amena à appeler l’île à porter son nom.

LE COMMERCE DU BOIS

La découverte de forêts de cyprès (‘cypress pine trees’), d’eucalyptus et de pins sur l’île dans les années 1840 apporta un réel changement à l’île tant sur le plan humain  que sur le plan naturel. En à peine 20 ans, tous les arbres aux alentours de Kin Kin et Noosa auront été rasé (avant d’être envoyé sur le continent dès 1863).

En 1867, la découverte d’or à Gympie et autour de Maryborough, villes du continent très proches de Fraser, fit exploser la demande de bois d’une telle ampleur que l’on construisit une base (‘station’ en anglais) au nord de l’île, plus exactement à Sandy Cape et peu après, en 1877, une école pour les enfants des employés de la base ainsi qu’une scierie en 1918. Les aborigènes travaillant alors pour les blancs, possédant la scierie.

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Photo prise des panneaux d’informations sur l’île.

La colonisation de l’île par les européens qui gangrenèrent les terres des tribus locales toujours un peu plus apporta de nombreux conflits – certaines tribus ne voulant pas se laisser faire résistèrent sans succès, les lances ne faisant pas le poids face aux armes à feux des colons. En 1850, les colons devenus de plus en plus méfiants envers les aborigènes organisèrent des patrouilles de police qui força les aborigènes à devoir se retirer, perdant ainsi leurs terres de plus en plus. A cause de ces conflits, des maladies mais aussi des drogues telles que l’alcool et l’opium, tous apportés par les blancs sur l’île, leur nombre descenda jusque 435 en 1872.

article 1 extrait d’article présent sur les panneaux d’information sur l’île.

Des missions (sorte de campement où l’on regroupait les aborigènes – un peu les « community » comme on les appelle aujourd’hui ici) virent le jour sur l’île – la première (sur les trois au final) ouvrit en 1870 – la dernière s’arrêta en 1904.

Le peu d’aborigènes  qui était encore présent sur l’île à cette date (environ 150) fut alors envoyé/déplacé sur le continent vers les villes de Yarrabah (Cairns), Cherbourg ou Durundur. Je n’ai pu trouvé si il en était de même pour les aborigènes ayant un parent aborigène et un autre blanc !

Et c’est encore un autre point qui me fait dire que l’Histoire de l’Australie est sur de nombreux points, notamment avec sa population indigène semblable à celle du Canada ! Car je ne peux m’empêcher de comparer ce déportement avec un autre, le Grand Dérangement : celui des Acadiens d’Acadie vers la Louisiane durant la seconde moitié du XVIIIe siècle ; ces Acadiens qui sont aujourd’hui les ancêtres des cajuns de Louisiane.

Face aux pressions de groupes environnementalistes, l’extraction des bois provenant de Fraser Island s’arrêta en décembre 1991, près de 130 ans après avoir commencé !

L’EXTRACTION DES MINÉRAUX

Peu après la fin de la guerre, une étude géologique confirma l’existence de gisements de zircon (sorte d’imitation de diamond) et de rutile sur l’île que l’on s’empressa d’extraire via l’exploitation de mines de sable ‘sand mining’.

L’extraction commença réellement en 1971 entre North Spit et Eurong avec la compagnie Queensland Titanium Mines Pty Ltd (QTM), ce qui provoqua de nombreuses révoltes de la part de groupes communautaires environnementalistes dont notamment le Fraser Island Defence Organization (FIDO), dirigé par John Sinclair, qui porta l’affaire en justice.

Durant la même année, le ‘Great Sandy National Park’ est crée dans le nord de Fraser Island. Il sera étendu dans les années 70 et 90. En 1985, des lois furent mises en place pour contrôler l’utilisation des espaces.

En 1974, l’Australian Conservation Foundation demanda l’inscription de Fraser au Patrimoine Mondial de l’UNESCO mais ce ne sera déclaré officiellement comme site protégé qu’en 1992 – près de 30 ans après le début des activités minières sur l’île.

En mai 1975, la Cour Suprême ‘High Court’ accorda  l’appel du FIDO contre les mines de sable de QTM et en 1976, les forêts furent déclarées propriétés de l’État afin de stopper toute extraction des minéraux de l’île.

Ce conflit jouera beaucoup dans le développement du tourisme sur l’île, car les australiens désormais avertis de ce qui se tramait sur l’île venaient de plus en plus nombreux voir de leur propre yeux ce qui rendait l’île de plus en plus célèbre.

LE COMBAT POUR LA PROTECTION ENVIRONNEMENTAL DE L’ÎLE ET LE DÉVELOPPEMENT DU TOURISME

Même si les habitants du continent commencèrent à venir visiter l’île à la fin du 19ème siècle, ce n’est que dans les années 30 que le tourisme commença vraiment à s’intensifier.

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Alors qu’en 1970, on comptait à peine près de 5000 visiteurs sur l’île, ce chiffre passa à plus de 200 000 dans les années 1980. Plusieurs facteurs :
-le conflit des compagnies privées propriétaires des mines de sables avec les groupes environnementaux
-le développement des tours opérateurs
-la construction d’hébergements
-l’amélioration des moyens de transports, plus exactement des 4×4
-la construction des traversiers (ex : celui d’Inskip Point en 1967)

L’IMPACT DU TOURISME SUR L’ÎLE

Le développement du tourisme sur l’île est aujourd’hui un gros défi pour les autorités car l’on essaye de faire venir les touristes tout en voulant protéger l’île. L’objectif est maintenant de s’assurer que certains espaces sur Fraser restent sauvages et vierge de toutes activités humaines, afin de permettre aux espèces animales de pouvoir évoluer en toute quiétude.

Et c’est aussi un peu l’ambiguïté de l’île. D’un côté, on nous parle de la beauté unique de la plus grande île de sable au monde avec une faune et flore unique dont des dingos qui seraient les plus pures et par conséquent les plus sauvages d’Australie et de l’autre on découvre avec stupéfaction entre autre des décharges à ciel ouvert et un effet papillon de ce tourisme de masse :

-les dunes sont altérées à cause des campeurs qui laissent leur détritus et font leur besoins en mode « sauvage » (les campements ne comprenant aucune douches ou toilettes, chacun va faire ses besoins en officiellement creusant un petit trou de 50 cms mais peu de backpackers le font !)

-les 4×4 de plus en plus nombreux, font que la plus grande plage de l’île, la 75 miles beach est surnommé l’autoroute de Fraser (euh je rappelle on roule sur du sable).

-bien qu’on essaye d’éduquer les touristes en leur répétant que les dingos sont une espèce sauvage et qu’ils peuvent être dangereux, qu’il est interdit de les nourrir avec notre nourriture (et de par conséquent laisser notre nourriture sur les sites de camping ou autres endroits de l’île), ces dingos ont de moins en moins peur de l’Homme et n’hésitent plus à venir directement chercher de quoi se nourrir dans les spots de camping et ce même en présence de campeurs. On nous dit d’ailleurs que si un dingo revient plusieurs fois sur le même site de camping pour venir chercher de la nourriture qu’il faut prévenir les gardes forestiers qui finiront par les abattre afin de garder les dingos à l’état sauvage. Les dingos sont aujourd’hui sur la liste des espèces menacées d’extinction : y’a t-il un lien avec le développement du tourisme sur l’île ? J’en suis convaincu et les panneaux éducatifs, pardon informatifs le démontrent bien :

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Vous voulez en savoir plus sur les dingos : voici le lien du ministère responsable de la gestion des Parcs nationaux du Queensland : cliquez ici
ou encore un article de journal datant de 2011 face à l’abattement de dingos par des rangers après l’attaque d’une petite fille : ici

LA RECONNAISSANCE

Pour resituer un petit peu : les aborigènes et les habitants des îles Torres Strait (au top nord du Queensland, entre l’Australie et la Nouvelle-Guinée) eurent la nationalité australienne, allant de pair avec le droit de vote seulement en 1967, après un référendum national.

En 1978, le bureau du Queensland gérant les appellations d’endroits ‘Queensland’s Place Names Board’ décida de réinstaurer certains noms d’origine aborigène pour certains sites de Fraser Island (comme Poyungan et Eurong (signifiant ’à travers la forêt)), mais ce n’est qu’en 1993, qu’une loi reconnu officiellement l’appellation aborigène originaire de l’île : K’gari

Depuis plusieurs années, certaines régions comme la Tasmanie redonnent des terres à des aborigènes, descendants des tribus originaires des régions. Plus sur cette page internet (en anglais). Mais est ce que l’on redonnera Fraser aux descendants des Butchulla ? J’en doute fortement !

Comment se rendre sur Fraser Island depuis le continent :

3 moyens de se rendre sur Fraser Island mais dans tout les cas, on s’y rend toujours en 4×4 à cause du terrain sablonneux, l’île n’étant accessible qu’en 4×4 (ou à pied).

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-Soit on part de Noosa, qui est l’accès le plus au sud mais aussi le plus proche de Brisbane mais c’est le point le plus loin, donc on perd facilement 5h pour arriver sur l’île car il faut soit prendre un ferry à Tewantin pour traverser la Noosa River jusque Rainbow Beach et de là longer la 40 Mile Beach, soit emprunter la piste de 4×4 partant de Boreen Point ou de Kin Kin, piste comprenant des endroits franchissables uniquement à marées basses.

Ah il est là le bonheur de conduire en Australie 🙂 toute une aventure et on comprend vite pourquoi certains australiens mettent toutes leurs économies dans leur 4×4 ou Ute ! 🙂

-Soit on part de Rainbow Beach, qui est une ville du continent situé en face de la pointe sud de Fraser Island et de là, on prend le ferry à Inskip Point avant d’emprunter la 75 Mile Beach, plage faisant fonction d’autoroute pour les 4×4 pour aller vers le centre de l’île

-Soit on part de Hervey Bay, ville situé environ à face du centre de l’île, qui est plutôt un bon départ pour partir explorer l’île, car on ne perd pas trop de temps sur les trajets. Hervey Bay, c’est aussi entre juillet et octobre, le spot pour observer la migration des baleines à bosse.

Les régulations et différentes possibilité de logement sur l’île.

La côte est de l’Australie regorgeant de méduses ainsi que de requins, on ne baigne que très rarement dans l’océan et il est courant de voir sur certaines plages du continent des panneaux avertissant la présence de méduses (c’est la cas à Airlie Beach notamment). Sur Fraser Island il en est de même, personne ne se baigne donc dans l’océan.

Comme Fraser Island fait partie d’un Parc naturel, toute entrée est soumise à une régulation :

-seuls les 4×4 sont autorisés sur l’île, que ce soit voiture ou bus

-un permis est obligatoire pour pouvoir camper hors des sites officiels de camping, les rangers venant vérifier pendant la journée aux alentours des lacs et spots touristiques où tout le monde loge. Le prix revient à un peu plus de 5$ par nuit.Les sites de camping sont situés à Central Station, à côté du lac Boomanjin, du lac McKenzie, de Dundubara, de Waddy Point, de Wathumba, de Dilli ou de Cathedral Beach.  Il est également possible de camper là où le camping est autorisé sur la côte est de l’île (derrière la 75 Miles Beach)

En comparaison, même si l’on peut trouver des hôtels, des pavillons, des appartements, des cabines, des maisonnettes (Fraser Island Beach Houses, Fraser Island Hideway, Eurong Resort…), la nuit revient vite entre $60 et $200 donc vous faites vite le calcul. Alors même si certains comprennent spa, piscine, bar, vue sur mer, ça faisait un peu lourd sur le budget d’un backpacker. A préférer en plus, je préférai pouvoir dormir sur du sable, monter la dune en face de notre campement pour pouvoir admirer des couchers de soleil juste sublimes.

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Chaque tour opérateur ayant son spot de camping, les tentes restent plantées sur le spot et seuls les campeurs changent, à tour de rôle.

Après je pense qu’il est préférable, à part bien sûr si l’on dort en hôtel que l’on prévoit sa nourriture pour son séjour sur l’île. L’approvisionnement en eau potable étant toujours possible dans les différentes stations comme Happy Valley ou Eurolang.

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-faut savoir aussi qu’aucun chien n’est admis sur l’île et ceci afin d’éviter tout croisement avec les dingos

Les endroits à voir sur l’île – Que faire une fois sur l’île ?

Tout l’attrait de venir sur Fraser Island réside dans le fait de pouvoir conduire sur du sable. Que l’on conduise dans les terres ou sur l’immense plage longeant la côte est de l’île (et qui s’étend sur plus de 120 kilomètres (75 miles beach), tout le monde s’en donne à cœur joie.

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-il est également possible de découvrir l’île vu du ciel, via un petit avion qui décollera de cette plage. $150 quand même pour 15 minutes.

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Après certains viendront plus pour pêcher (les locaux) que pour profiter des sentiers de randonnées et d’autres exploront les recoins de l’île à leurs guises.

Que ce soit via des tours opérateurs, entre amis ou en famille, l’île offre de multitudes options pour s’évader.

  • A commencer par les lacs où l’on se baigne avec plaisir, surtout quand la chaleur est intenable et qu’après une journée à marcher dans le sable, on saisit l’occasion de se baigner avec grand plaisir 🙂

-le lac McKenzie, le plus populaire des lacs, car facile d’accès et bien situé. Suivant la saison et les heures de journée, il peut vite être blindé de touristes… On comprend vite pourquoi aussi une fois qu’on est sur place : l’eau est juste bleue transparent et on est entouré de végétations, avec cette sensation d’être perdu au milieu d’une forêt.

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crédit photo : http://odyssee-oz.kazeo.com/fraser-island/lac-mckenzie-jpg,p1233201.html

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Mouai je vais être honnête, on avait ce jour là une journée d’averses donc le ciel était couvert de nuages et l’eau pas si bleu bleu mais le lac était quand même très beau 🙂

-le lac Wabby,  d’une couleur verte est aussi le lac le plus profond de l’île. Si on est chanceux, on peut parfois voire des tortues en plus des petits poissons.  Pour y accéder, on doit marcher une vingtaine de minutes à travers une forêt et surtout traverser des dunes de sable, dont l’une surnommé Hammerstone Sandblow nous fait sentir que l’on est vraiment en plein désert.

 

 

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Crédit : http://www.monnuage.fr/photos/point-d-interet/49243/472410

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-le lac Allom où on peut avoir la chance d’observer des tortues d’eau.

-le lac Boemingan, qui est le plus grand lac au monde avec une nappe aquifère situé en altitude.

  • Sans oublier de faire une halte à Eli Creek, où on pourra se laisser flotter et transporter par les courants sans effort.

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credit photo : http://rainbowgetaway.com.au/day-out-3-fraser-island-day-tours-2/

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Et là comme le lac Mc Kenzie, vu qu’ Eli Creek se situe sur la 75 Miles Beach, ce spot peut vite devenir une sorte de camping de jour, où tous les 4×4 garés le long de la rivière viendront gâcher la vue donc faites attentions aux heures quand vous y allez 🙂

  • Au niveau de Central Station, qui est le vieux village forestier de l’île mais aussi le site de l’ancienne gare ayant servi à l’époque à transporter les troncs d’arbre vers les barges, on peut se promener sur un chemin construit sur pilotis en admirant un ruisseau dont l’eau est transparente. ça prend 5 min à tout casser !

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  • Les différences dans les couches de sables pourront être observés au niveau des sites The Cathedrals et Pinnacles mais ne vous attendaient pas à quelque chose de sensationnel si vous ne voyez que les Pinnacles car il s’agit tout au plus de quelques « cheminées » de sable aux tons rouges orangers

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  • Un des spots connu de l’île est aussi sans aucun doute les « Champagne Pools », situé non loin de Indian Head (d’où l’on peut observer les requins, tortues et raies) où à marée basse, on peut prendre un bain dans une eau claire et bouillonnante (pas bouillonnante au sens chaude mais qui fait des bulles) du fait que l’eau est « envoyé » par l’océan via les vagues contrant les rochers. Perso j’ai pas vu ces soit disant bulles, et à part la vue, j’ai pas trop vu l’intérêt de venir se baigner dans ces « Champagnes Pools », les récifs étant vraiment cisaillant, il faut marché à 2 à l’heure et faire attention où on pose les pieds…

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  •  Une fois sur l’île, on peut également aller observer l’épave du Maheno, qui échoua sur les côtes en 1935 non loin de Happy Valley (sorte de base où l’on peut se ravitailler en essence, nourriture…). Construit en 1905, comme paquebot de luxe, entre l’Australie et la Nouvelle Zélande (234 chambres en 1ere classe, 176 en seconde et 60 en troisième classe), il s’échoua en 1935 au loin des côtes de Fraser Island durant sa route vers le Japon, où il aurait du être démonté car hors service depuis 1914 (du à son trop grand appétit en charbon). Utilisé 5 fois comme bateau « hôpital » par le gouvernement neo-zélandais durant la Première Guerre Mondiale (en allant jusqu’en Turquie (cf Anzac/Gallipolo)), il servit lors de la Seconde Guerre Mondiale comme lieu d’essai pour toutes sortes de bombes. En 1936, le quotidien de Sydney, le ‘Sydney Morning Herald’ annonça que le Maheno ne bougera jamais des côtes de Fraser, faute d’acheteurs et faute de pouvoir le bouger. Aujourd’hui couvert de rouilles et après avoir été dépouillé de tout ses biens, le meilleur moyen d’observer l’épave est lors de marées basse.

 

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Et pour finir petite carte postale de Fraser 🙂

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2 Commentaires

  1. angel

    Tu te trompes sur l’histoire de Mme Fraser. Les aborigènes l’ont aidé à regagner la terre mais lorsqu’elle a raconté commebt les aborigènes l’ont aidé les gens lui ont dis que cette histoire ne vendrait pas. Du coup ils ont propager une fausse histoire les dépeignant comme des sauvages.
    plus tard les blancs ont débarqués sur K’gari & ils ont massacré les hommes. Ils ont ensuite enmené les FEMMES et ENFANTS au sommet de Indian Heads et les ont poussé du haut de la falaise. Lorsqu ils ne se cassaient pas le cou, ils s’assuraient qu’ils se noient…
    y a t il encore des descendant des habitant aborigènes de K’gari ? « Not much… » m’a dis le guide.
    peut être aucun.

    Je pense qu’il serait respectueux et juste d’ajouter ceci dans ton article… c’est affreux. Cest leur île leur histoire, ne la laissons pas tomber au oubliettes.

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    • merci de ton commentaire.
      Effectivement le rôle des colons en Australie est assez affreux, surtout leur comportement envers les aborigènes… et je n’ai aucune envie que l’on oublie leur histoire. Je n’ai malheureusement pas assez fait de recherches sur l’histoire de Fraser pour en parler plus longuement et veux bien te croire. Je ne trouve malheureusement aucune source écrite sur Internet parlant de cette version que tu me dis par rapport à Indian Heads, même si ça pourrait expliquer le nom aussi en quelque sorte (dramatique !!!!)
      Je ne tiens pas à manquer de respect par rapport à leur passé et m’étant quand même imaginé que cette histoire avait forcément été changé pour accroître le succès, j’avais bien écrit dans mon article original, même si je l’ai un peu modifié depuis « (sûrement que les versions auront été alors édulcorées de façon à rendre son « séjour » plus excitant au vue de tout le monde (19ème siècle !))« .

      Tu écris « m’as dit le guide » : comment as tu visité Fraser ? Peux-tu conseiller peut-être un moyen plus culturel de découvrir l’île ?

      J'aime

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